Les dernières simulations du COR ont été commandées par le MEDEF, vaste farce qui ne vise qu’à une seule chose : pousser le système français basé sur la répartition vers un système basé sur la capitalisation avec tous les risques et méfaits que l’on connaît …
En effet, tout est dit :
« Quant au Medef, demandeur de ces scénarios, un communiqué indiquait hier que «les chiffrages du COR montrent que des mesures d’âge et de durée de cotisation sont absolument nécessaires». Avant d’ajouter, qu’«il conviendrait d’examiner les différentes pistes de développement des systèmes par capitalisation». Pistes que l’organisation patronale devrait proposer dans les semaines à venir. »
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Le marché de la retraite par capitalisation représente pour les banques et assurances un pactole financier énorme, ça fait des années qu’ils ont l’espoir de se l’approprier au même titre que celui de la Santé, des milliards supplémentaires pour les marchés financiers afin d’accroître une spéculation effrenée …
D’ailleurs il y a fort à parier que le prochain « chantier », la prochaine contre-réforme sera celle de la Sécurité Sociale pour conserver la note AAA …
Dixit une agence de notation :
L’agence de notation Moody’s a maintenu mercredi sa meilleure note, le triple A, à l’égard des organismes d’assurance sociale français, tout en avertissant sur les risques du quasi-doublement prévisible de la dette sociale d’ici 2012 sur l’endettement public de la France.
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Jamais le bon vieux slogan syndical : » Les retraites, la sécu, on s’est battu pour les gagner, on se battra pour les garder » n’a eu autant de valeur et de portée qu’aujourd’hui …
L’enjeu est immense. Tous régimes confondus (sécurité sociale et les différents régimes de protection sociale collective), cela représente près de 500 milliards d’euros !
Sur ce sujet, voir mon article récent
« Protection Sociale : danger imminent ! »
Rappelons nous du reste ce qu’écrivait M. Denis Kessler (ancien n°2 et idéologue du MEDEF au côté d’Ernest-Antoine Seillières de 1994 à 1998), dans un éditorial du journal Challenge le 04/10/2007 : » Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. [...] Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s’y emploie.
Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme…
A y regarder de plus près, on constate qu’il y a une profonde unité à ce programme ambitieux.
La liste des réformes ? C’est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là.
Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance (*) !
[Lequel] est à l’évidence complètement dépassé, inefficace, daté. [...] »
Tout le programme des « festivités » est là et il est d’une actualité sans précédent car n’a que trop tardé à leurs yeux …
Le grand puzzle se constitue, morceaux après morceaux, patiemment, jour après jour …
Il y a urgence, car jusqu’où iront-ils ???
(*) Quelques extraits de ce programme :
« [...] les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la libération :
[...]
4) Afin d’assurer :
- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
- le respect de la personne humaine ;
- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
[...] 5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
[...]
b) Sur le plan social :
- le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail ;
- un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine ;
- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
- la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
- l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre… ;
- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
[...]
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée, quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires. »
A la lecture de ces quelques lignes, on comprend mieux à quel point selon leur point de vue, il est temps de sortir de ce « carcan » et de « détricoter » les acquis et droits obtenus …
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