Suppression de l’Agff : menace ou réalité ?

30 12 2008

dessinretraite.gifL’idée de cet article m’est venue en regardant mes référents !
Beaucoup de visiteurs arrivaient sur mon blog sur les mots clefs « Retraite » et « Agff » et en regardant l’actu, j’ai compris quel était le principal sujet de préoccupation actuel concernant les retraites !
Euh pour les concernés par une retraite proche (et pire pour les autres …), y a effectivement de quoi se faire du soucis !

En effet, le 27 janvier prochain, les « partenaires » sociaux (patronat et syndicats) ouvrent la négociation qui va redéfinir l’accord Agirc-Arrco (retraites complémentaires).

1 -- Rappel des faits :
Début décembre, Jean-René Buisson, président de la commission protection sociale du Medef, a ouvert les hostilités dans une interview au journal Le Figaro.
loupe.png Voir l’article du Figaro du 03/12/08
Il a tout d’abord indiqué qu’il considérait les négociations effectuées en avril dernier lors du « rendez-vous 2008 » comme un « échec ». En effet, le Medef demandait un recul de l’âge légal de la retraite à 61 ou 62 ans, mais il n’a pas été entendu par le gouvernement.

Et concernant la négociation Agirc-Arrco, il a déclaré « on aura une négociation difficile, on peut très bien ne pas maintenir l’AGFF* ». Et il a ajouté qu’il avait « un mandat d’une fermeté absolue : hors de question d’augmenter les cotisations ».

Concrètement, cela peut signifier que le Medef se prépare probablement à remettre en question le dispositif particulier, baptisé AGFF, qui permet de financer le droit à la retraite complémentaire à partir de l’âge de 60 ans et jusqu’à 65 ans.
Il faut rappeler en effet que le patronat n’a jamais accepté que l’âge légal du départ soit fixé à 60 ans. S’il n’a pu empêcher la mise en œuvre de cette réforme, en 1981, pour le régime général, dont le sort est fixé par le pouvoir législatif, il a réussi à empêcher son application pour l’ARRCO et l’AGIRC, qui sont, eux, gérés paritairement par syndicats et patronats.
Donc, pour la retraite complémentaire, l’âge de départ reste donc établi à 65 ans.
Tout juste, a-t-il consenti à mettre en place l’AGFF, un accord temporaire (venant à expiration en mars 2009), prévoyant une cotisation spécifique, remise en cause à chaque séance …

2 -- Conséquences :
A défaut de reconduction de l’accord et si l’AGFF disparaissait purement et simplement, les assurés partant en retraite avant 65 ans subiraient une décote allant jusqu’à 22 % sur leur pension complémentaire !!!

Alors fin de la retraite à 60 ans ?
Le MEDEF met actuellement la pression sur le gouvernement pour qu’il s’engage en faveur d’une « remise à plat de l’ensemble du système de retraites », à l’horizon 2010.
Cette négociation de janvier promet donc d’être « difficile » … et la pression pour trouver un nouvel accord va être hyper importante …

Négociations à suivre avec beaucoup d’attention donc …

(*) L’AGFF, ou l’Association pour la Gestion du Fonds de Financement, permet à ceux qui ont obtenu leur retraite de base à taux plein à 60 ans de pouvoir également toucher leur retraite complémentaire dès 60 ans. En effet les régimes complémentaires de retraite fixent leur âge légal de retraite à 65 ans. Mais depuis 1983 et l’abaissement de l’âge légal de départ en retraite pour le régime de base de 65 ans à 60 ans par le gouvernement Mauroy, cette structure, l’ASF (ex AGFF) a été créée pour financer le surcoût des pensions à 60 ans sans abattement dans les régimes complémentaires. Elle est alimentée par deux points de cotisation chômage et par une subvention de l’Etat.

NEWS DU 27/01/09
Comme vous êtes nombreux à venir lire cet article, je lui rajoute les dernières infos en date du 27/01/09 :

Pas de remise en cause à court terme (…) dit le MEDEF
Euh je me sens tout de suite rassurée …
Voilà ce que l’on peut lire dans les médias :
Le Medef s’est voulu rassurant quant à l’avenir à court terme du financement des retraites complémentaires à partir de 60 ans, que les syndicats lui avaient reproché de remettre en cause, mardi, lors de la première séance de négociations sur l’avenir des retraites complémentaires.
Patronat et syndicats ont par ailleurs partagé la même inquiétude face à de nouvelles projections sur la situation financière des deux régimes de retraites complémentaires (Agirc et Arrco), intégrant les effets de la crise économique.
Selon ces projections, ces deux régimes seront globalement en déficit dès 2009, soit cinq ans plus tôt que prévu.
Les partenaires sociaux, qui gèrent paritairement l’Agirc (cadres) et l’Arrco (salariés), devront trouver des mesures pour faire face à cette situation lors de quatre séances de négociations programmées les 9 et 17 février, et les 12 et 23 mars.

Les syndicats avaient mis en garde contre une éventuelle non-reconduction de l’AGFF, une structure finançant la retraite complémentaire de 60 à 65 ans des assurés de l’Agirc et de l’Arrco. « Quelles que soient les décisions que nous pourrions être amenés à prendre, ce sont des décisions que nous prendrions sur le moyen ou le long terme », a déclaré le chef de file de la délégation patronale Jean-René Buisson. « Les gens qui partiraient demain ou en avril en retraite, ou bien l’année prochaine, n’auraient aucune incidence ou très faible sur leur pension de retraite« , a-t-il ajouté, estimant que les organisations syndicales avaient « dramatisé ce sujet ».
Mais le patronat, déçu que le gouvernement n’ait pas reculé l’âge légal de la retraite en 2008, n’en a pas abandonné pour autant son projet de proposer de reculer l’âge à partir duquel l’AGFF entre en jeu, « à raison par exemple d’un trimestre par an à partir de 2010″.

« On est un peu rassurés (…) mais le fait qu’on va se retrouver en négociation pendant deux mois va laisser planer un doute sur la pérennité de l’AGFF », a toutefois estimé Bernard Devy (FO). « On a tous été très surpris de l’impact économique de la crise », a-t-il ajouté, à l’instar des autres syndicalistes et du patronat face aux nouvelles projections qui avancent de cinq ans, à 2009, l’entrée en déficit global des régimes (en cumulant leurs résultats).

L’Agirc sera en déficit technique de 720 millions d’euros en 2009, malgré des transferts financiers en provenance notamment de l’AGFF. En 2020, son déficit atteindrait 2,5 milliards d’euros. Quant à l’Arrco, il sera déficitaire à partir de 2010, de 620 millions d’euros, et son déficit atteindrait 5,1 mds EUR en 2020. Face à ses perspectives, le Medef veut essentiellement jouer sur l’âge de la retraite, mais les syndicats ont avancé plusieurs autres propositions, comme l’élargissement de l’assiette des cotisations (CGT) ou le montant ou la durée des cotisations (CFE-CGC).

NEWS DU 09/02/09 Source http://www.patrimoine.com
Retraite complémentaire Agirc-Arrco : les partenaires sociaux négocient aujourd’hui
Les partenaires sociaux tiennent une séance de négociations aujourd’hui afin de discuter des évolutions à adopter pour la gestion des régimes de retraite complémentaire Agirc (régime de retraite complémentaire des cadres) et Arrco (régime de retraite complémentaire de l’ensemble des salariés).
Ils s’appuieront sur les projections transmises par les deux régimes.

Plusieurs scénarios sont envisagés :

  • notamment, une hausse des cotisations de 1 point et
  • un recul de l’âge de départ en retraite à 61 ans plus 1 trimestre supplémentaire par an à partir de 2010.

NEWS DU 11/02/09 Source : Laisons Sociales Quotidien, 11/02/2009

La négociation Agirc-Arrco du 09/02/09
Le Medef n’exclut plus une hausse des cotisations Agirc-Arrco
Le Medef a conditionné une hausse des cotisations à un effort sur l’âge ou le rendement, lors de la deuxième séance de négociation Agirc-Arrco.

Les partenaires sociaux se sont retrouvés, le 9 février, pour une deuxième séance de négociation sur les retraites complémentaires Agirc et Arrco. Si les syndicats ont exprimé leur souhait de parvenir à un accord complet pour cinq ans, cela implique pour le patronat d’agir sur plusieurs des leviers d’action, compte tenu des derniers chiffrages réalisés par les régimes (v. Bref social n° 15299 du 10 février 2009). Aucun consensus ne se dégage pour l’instant sur le partage des efforts entre employeurs et salariés.
Les partenaires sociaux ont repoussé au 12 mars leur prochaine discussion sur le sujet, des rencontres bilatérales devant avoir lieu d’ici là.
La prochaine séance de négociation, prévue le 17 février, sera consacrée aux questions spécifiques de l’harmonisation des rendements, de la garantie minimale de points, des avantages familiaux, de la réversion et de la gouvernance.

Le patronat pose des conditions à une hausse des cotisations
Alors que l’ensemble des syndicats se prononce en faveur d’une hausse des cotisations, Jean-René Buisson (Medef), le chef de file de la délégation patronale, conditionne tout effort du patronat en la matière à un accord des syndicats pour agir « soit sur l’âge, soit sur le rendement », souhaitant un partage des efforts. Dans le cas contraire, l’issue de la négociation serait renvoyée à 2010.
Le Medef s’est montré plus ouvert que lors de la première séance de négociation au cours de laquelle il avait exclu toute hausse.
Les syndicats, qui souhaitent prendre des mesures dès maintenant et conclure un accord pérenne, ont tous tenu à souligner que l’effort qu’une hausse des cotisations représenterait pour les employeurs serait également partagé par les salariés. Leurs positions face à la demande patronale sont cependant très contrastées.

Des positions syndicales contrastées
La plupart des organisations de salariés (CGT, CFDT, CFTC et FO) refusent tout recul de l’âge de la retraite, faisant valoir, comme Jean-Louis Deroussen (CFTC), la nécessité « de ne pas déconnecter les régimes complémentaires du régime général ».
Bernard Devy (FO) ajoute à ce propos que « quand on nous demande d’en rajouter une couche sur l’âge alors que le gouvernement a déjà décidé d’un allongement de la durée d’assurance (dans le régime de base) et pas touché à l’âge, on fait un peu du surplace ».
Mais les syndicats sont plus divisés lorsqu’il s’agit d’aborder la question des rendements.
La CGT et FO se déclarent opposées à une baisse de ces derniers, même si Bernard Devy précise que FO accepterait un alignement du taux de rendement de l’Agirc sur celui de l’Arrco, moins élevé (6,65 %, contre 6,75 %).
Éric Aubin (CGT) propose une hausse de cotisation de 1 point à l’Arrco et de 3,4 points à l’Agirc pour équilibrer les régimes jusqu’en 2019, avec un rendement constant (prix/prix).

La CFTC et CFDT seraient, pour leur part, plus favorables, mais à des degrés divers, à une action sur le rendement.
La CFTC, qui demande comme FO un alignement des rendements à l’Agirc et à l’Arrco, serait clairement « ouverte à un effort » sur ce levier, indique Jean-Louis Deroussin.
Quant à la CFDT, elle accepterait de « différer le moment de la stabilisation des taux de rendement », selon Jean-Louis Malys.
Pour Danièle Karniewicz (CFE-CGC), les derniers chiffrages montrent que jouer sur un seul paramètre ne suffit pas à équilibrer les régimes. La CFE-CGC est donc « prête à toucher à la durée d’assurance, voire à l’âge, et aux taux de cotisations, même salariés ». Toutefois, elle estime qu’il faut tenir compte du fait que tous les salariés ne sont pas placés dans la même situation, les cadres commençant à travailler plus tard en général.

NEWS DU 19/02/09  Source : Liaisons Sociales Quotidien, 19/02/2009
La négociation Agirc-Arrco du 17/02/09
Elle aborde les droits familiaux et conjugaux mais
les syndicats ne négocieront réellement sur les droits familiaux et conjugaux que lorsque la question de l’évolution des paramètres des régimes aura été réglée

Lors de la troisième séance de négociation sur les retraites complémentaires, le 17 février, les partenaires sociaux ont examiné une série de questions spécifiques : avantages familiaux et conjugaux, garantie minimale de points, dotation de gestion, dotation sociale et alignement des taux de rendement. (GMP), Mais les discussions n’ont pas réellement avancé, les négociateurs revenant très vite au sujet central des paramètres à modifier pour équilibrer les régimes, notamment l’âge de départ.

« Pour nous, la difficulté de la réunion du jour, c’est d’avoir voulu discuter d’éléments qui ne trouveront d’issue que lorsqu’on aura discuté du reste des paramètres », analyse Bernard Devy (FO).
Ce sujet reviendra sur la table lors de la prochaine rencontre du 12 mars, des chiffrages complémentaires croisant les paramètres ayant été demandés à l’Agirc et à l’Arrco. D’ici là, les partenaires sociaux vont se retrouver en bilatérales, ces rencontres devant servir de base au patronat pour élaborer un premier projet d’accord.

Avantages familiaux et conjugaux
Selon les syndicats, le patronat a évoqué la possibilité d’aligner pour l’avenir le taux de la majoration pour trois enfants de l’Agirc (8 %) sur celui de l’Arrco (5 %).

La CGT et la CFDT envisagent plutôt un alignement sur le régime général (taux de 10 %).

La CFE-CGC « refuse » pour sa part de « grignoter sur les avantages familiaux tant que le problème du rendement des régimes n’aura pas été réglé », a indiqué Danièle Karniewicz.

Pour FO, il semble « difficile » de réformer les droits familiaux dans les régimes complémentaires « sans connaître les éléments de contexte », citant l’évolution de la jurisprudence sur l’égalité hommes-femmes.

En matière de réversion, le patronat a lancé l’idée d’une convergence de la condition d’âge exigée du conjoint survivant, qui est actuellement de 55 ans à l’Arrco et de 60 ans à l’Agirc, en l’alignant sur les règles moins favorables de l’Agirc, et d’un taux unique à 60 %. La CGT demande une hausse du taux à 60 % et à 75 % à terme. Jean-Louis Malys (CFDT) a évoqué, quant à lui, la possibilité d’instaurer une cotisation destinée à financer une prestation de réversion pour une personne choisie par l’assuré, correspondant à une sorte « d’assurance réversion » et s’ajoutant à la pension de réversion classique.

Garantie minimale de points
Les syndicats ont indiqué que le patronat avait proposé de réduire de 120 à 100 le nombre de points de retraite assuré par la GMP, qui permet aux cadres rémunérés en dessous ou juste au niveau du plafond de la sécurité sociale de s’ouvrir un minimum de droits à l’Agirc.

L’ensemble des syndicats rejettent cette proposition. Pour la CFE-CGC, « ce n’est pas aux régimes complémentaires de compenser la politique salariale des employeurs ». « Le problème, c’est le niveau des salaires », ajoute Éric Aubin (CGT). La GMP concerne aujourd’hui 30 % de cadres, un chiffre qui atteindra 40 % en 2030, a expliqué Jean-Louis Deroussen (CFTC).

Utilisation des réserves
Les partenaires sociaux ont également débattu de l’utilisation des réserves constituées par les régimes. La CGT, la CFDT et FO ont indiqué qu’elles acceptaient l’idée de les utiliser. « Avec la crise, on peut estimer qu’elles peuvent servir un ou deux ans », a précisé Jean-Louis Malys (CFDT).

Pour FO, « on peut puiser dans les réserves à long terme », mais pas « sans avoir prévu dans un accord l’atterrissage (équilibre à long terme des régimes) ».

NEWS DU 13/03/09  Source : Coach-Retraite
La négociation Agirc-Arrco du 12/03/09
Jeudi 12 mars se tenait la 3e réunion pour la renégociation de l’accord Agirc-Arrco.
Le Medef a proposé de relever à 61 ans l’âge auquel on peut percevoir la retraite complémentaire.

C’est la troisième fois que patronat et syndicats se rencontraient, jeudi 12 mars, pour se mettre d’accord sur les moyens à mettre en oeuvre pour assurer l’avenir des régimes complémentaires de retraite Agirc et Arrco (cadres et non cadres).

Lors de cette séance, le Medef a proposé aux syndicats d’augmenter d’un trimestre par an, pour atteindre 61 ans, l’âge à partir duquel la pension Agirc-Arrco peut être liquidée, sans pénalité. Cette âge est actuellement fixé à 60 ans (à condition toutefois que l’assuré ait obtenu la liquidation de sa retraite de base à taux plein).

Le Medef envisagerait, compte tenu de la crise actuelle, que cette mesure soit différée et qu’elle ne démarre qu’à partir de 2011, pour arriver à 61 ans en 2014. Cette mesure ne concernerait bien évidement pas les bénéficiaires des dispositifs carrières longues et travailleurs lourdement handicapés.

Le Medef estime que cette mesure ferait économiser environ un milliard d’euros par an à l’Agirc-Arrco, ce qui permettrait ainsi d’éviter le déficit justement estimé à 4 milliards d’euros en 2015, selon les nouvelles estimations qui ont été présentées lors de la première séance de négociations. Le Medef a indiqué que si les syndicats acceptaient cette mesure, il était prêt à envisager la hausse des cotisations, de 0,1 point, chose qu’il excluait jusqu’à présent.

Mais les syndicats se sont unanimement montrés hostiles à ce recul de l’âge légal de la retraite complémentaire. Ils ont souligné que si cette mesure était appliquée, le régime de base finirait lui aussi par s’aligner sur les 61 ans.

Pour les syndicats, d’autres solutions existent, notamment l’utilisation d’une partie des réserves financières de l’Agirc-Arrco qui sont estimées à environ 50 milliards d’euros.
Quoi qu’il en soit, la prochaine séance de négociation est prévue le 23 mars. Les partenaires sociaux ont donc l’obligation d’arriver rapidement à un accord, faute de quoi l’AGFF pourrait pâtir de cette mésentente et ne pas être reconduite.

NEWS DU 24/03/09  Source : Yahoo -- AFP
La négociation Agirc-Arrco du 23/03/09

Patronat et syndicats, qui ont conclu lundi soir leurs négociations sur l’avenir des retraites complémentaires, soumettront à leurs instances un texte d’accord prévoyant de reconduire jusqu’à fin 2010 les règles actuelles, qui arrivaient à expiration le 31 mars. Cette prolongation, si elle est entérinée, lèvera notamment l’incertitude qui pesait sur le financement de la retraite complémentaire entre 60 et 65 ans et qui constituait l’enjeu le plus immédiat de la négociation.

Le patronat a renoncé à demander le relèvement à 61 ans de l’âge minimum exigé pour toucher une retraite complémentaire complète, ce qui a ouvert la voie à ce projet d’accord. « Le Medef a pour une fois fait preuve de sagesse », a commenté devant la presse Jean-Louis Malys (CFDT).

Après avoir renoncé à obtenir cette mesure « structurelle » en milieu de journée, le Medef a proposé aux syndicats de prolonger jusqu’à fin 2010 la validité de l’actuel accord sur les retraites complémentaires des salariés du privé (Agirc-Arrco) qui représentent deux tiers de la pension globale des cadres et un tiers de celle des autres salariés en moyenne.

Cependant, à l’avenir, « on ne fera pas l’économie d’une réforme structurelle lourde », a prévenu le chef de la délégation patronale, Jean-René Buisson.

Pour Eric Aubin (CGT), après les manifestations massives du 19 mars, « la partie patronale plie, mais ne rompt pas » car elle « ne bouge pas sur le rendement ni sur les ressources » (hausse des cotisations).

Les syndicats devraient faire savoir dans les prochains jours s’ils approuvent ou non le projet d’accord.

Sa mise en application impliquera le maintien du niveau actuel des cotisations et une poursuite de la baisse relative des pensions par rapport aux sommes cotisées, alors que les syndicats souhaitaient une augmentation de cotisations et une stabilisation du « rendement » (ce que rapportent en termes de pensions les sommes cotisées).

Elle impliquera également de ne pas toucher aux avantages familiaux que le Medef voulait revoir à la baisse.

« On a sauvé l’AGFF », a noté de son côté Danièle Karniewicz (CFE-CGC), « mais il manque plein de choses » dans ce document, selon elle.

Le texte prévoit en effet la reconduction du dispositif (AGFF) qui permet de bénéficier d’une retraite complémentaire avant 65 ans sans pénalités. Une non-reconduction, que le patronat n’avait pas exclue, aurait entraîné une baisse de jusqu’à 22% des pensions complémentaires pour les salariés liquidant leur pension après le 1er avril.

« Ce n’est pas glorieux », a déclaré de son côté Bernard Devy (FO), « mais on a écarté le casus belli » du recul de l’âge minimum de la retraite, a-t-il ajouté.

M. Karniewicz et M. Devy ont également souligné le risque de voir la baisse du rendement « décrédibiliser » le régime Agirc-Arrco, estimant que les salariés étaient prêts à accepter d’augmenter leur propres cotisations pour le soutenir.

« Les salariés eux-mêmes sont prêts à faire des efforts pour garantir leur régime par répartition pour une raison très simple: il y a aujourd’hui une vision très négative des régimes par capitalisation en raison de la crise financière. Qui n’a pas lu dans la presse, entendu à la radio ou vu à la télévision les déboires des fonds de pension américains ? », a estimé M. Devy.

Or, le Medef a refusé aussi une hausse de cotisations salariales, pourtant sans hausse de la part patronale, demandée par la CFE-CGC, a affirmé Mme Karniewicz.

A suivre encore et encore donc …
L’AGFF qui permet de bénéficier d’une retraite complémentaire avant 65 ans sans pénalités est donc maintenue jusqu’en 2010 mais notons la poursuite de la baisse relative des pensions par rapport aux sommes cotisées …

MAIS
pour mémoire …
Source : Liaisons Sociales Quotidien, 24/03/2009

Le 19 mars, le Medef a transmis aux organisations syndicales un deuxième projet d’accord sur les retraites complémentaires Agirc-Arrco en vue de la dernière séance de négociation du 23 mars, une séance de rattrapage ayant toutefois été programmée le 31 mars.
Lire le projet d’accord soumis :
Projet d’accord Agirc Arrco.pdf
Le patronat a maintenu dans ce texte sa proposition de relèvement progressif à 61 ans de l’âge de départ en retraite sans décote entre 2011 et 2014, une proposition rejetée par les syndicats et dont le maintien devrait compliquer les discussions du 23 mars.
Ce d’autant plus que le nouveau projet patronal prévoit dans son préambule que « les signataires invitent les pouvoirs publics à engager une réforme du paramètre de l’âge dans le régime de base avant la fin 2010 ». Par ailleurs, le texte chiffre l’augmentation des cotisations, précise les règles d’évolution des rendements et introduit un chapitre sur la prise en compte de la pénibilité et des spécificités propres aux cadres.

Évolution des cotisations et des rendements

Le projet d’accord prévoit une hausse des cotisations en deux temps :
- au 1er janvier 2011, la cotisation salariale serait majorée de 0,06 point à l’Agirc et à l’Arrco, soit 0,075 point, taux d’appel à 125 % compris, et la cotisation patronale de 0,04 point à l’Agirc et à l’Arrco, soit 0,05 point, taux d’appel à 125 % compris ;
- au 1er janvier 2012, les cotisations salariales et les cotisations patronales Agirc et Arrco seraient de nouveau majorées dans les mêmes proportions.
Concernant les rendements des deux régimes, le patronat prévoit toujours leur stabilisation, mais l’avance de 2011 à 2010. Il précise en outre comment ces rendements évolueraient jusqu’au 31 décembre 2014 : le salaire de référence et la valeur de service du point des régimes Agirc et Arrco suivraient l’évolution du salaire moyen constaté au cours de chaque exercice, diminué d’un point dans la limite de l’évolution annuelle moyenne des prix hors tabac.
Il n’est par ailleurs plus question dans le texte patronal d’une harmonisation du rendement de l’Agirc sur celui de l’Arrco, ni d’une diminution du nombre de points de retraite assuré par la garantie minimale de points (GMP).

Prise en compte de la pénibilité

Comme l’avait déjà sous-entendu le patronat, le projet d’accord prévoit qu’à la condition que les syndicats acceptent une « évolution de l’âge de la retraite », une négociation interprofessionnelle sur la pénibilité s’ouvre pour définir « les modalités de prise en compte de la situation des salariés dont la santé est affectée par des conditions de travail pénible ». La pénibilité est un sujet sur lequel les partenaires sociaux ont discuté en vain pendant trois ans. Cette réouverture pourrait avoir lieu « dès la signature du présent accord ».
Le patronat propose en outre de lancer une « réflexion sur l’adaptation des régimes de retraite aux situations spécifiques des salariés dans un cadre solidaire », faisant référence aux perspectives de baisse très sensible du taux de remplacement de la retraite des cadres.
Des réunions paritaires seraient consacrées à cette question tout au long de 2010.
Enfin, le projet d’accord reprend les dispositions du précédent texte patronal concernant une réduction des droits familiaux à l’Agirc et des droits conjugaux à l’Arrco.

Euh pas brillant tout cela …
Bon courage à tous en attendant …

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4 réponses à “Suppression de l’Agff : menace ou réalité ?”

  1. 7 02 2009
    pltotor49 (17:51:50) :

    Moi je voulais pousser un coup de gueule, je devais être en retraite dans le cadre des longues carrières cette année en octobre après avoir cotisé 42 ans . En catimini sans que l’on entende parler de cela, on nous a rajouté 1 année supplémentaire ( je suis né en 52 ). Je devais racheter deux trimestres d’apprentissage car a l’époque je touchais 100 francs et donc j’étais en dessous du seuil minimum de cotisation, j’avais écris début juillet 2008 on m’a répondu mi septembre qu’un nouveau décret étais intervenu fin aout et que donc au lieu de la somme dérisoire au vu de ce que touchais en 1967, je devrais m’acquitter de la somme de 6000 euros ce qui n’est plus la même chose. Qu’attendre encore de la négociation entre le medef et les organisations syndicales. Rien de bon car le patronat comme à son habitude fera un ultimatum sous forme de chantage.
    Je ne suis pas seul dans mon cas et j’ai le sentiment de subir une double, puis un triple et peut être une quadruple peine. Je trouve cela dégueulasse et injuste. évidement nos hommes politiques qui cumulent des retraites a vie malgré le peu de temps concernés. je pense entre autre aux sénateurs qui ne se sentent pas concernés par ces problèmes. Et comment vivraient ils avec 1500 euros pour deux en retraite. Ce sont des gens malhonnetes. Dans les frances visiblement les choses ne sont pas le mêmes que l’on soit dans la france d’en bas et celle d’en haut.

    Réponse de l’humeur d’Isa
    Bonsoir, il y effectivement de quoi avoir envie de pousser un coup de gueule …
    Et en matière de retraite malheureusement les choses ne vont pas en s’arrangeant.
    Par contre effectivement tout le monde n’est pas logé à la même enseigne comme vous le dites et ça coince un peu et de plus en plus …
    Merci pour votre visite et ce com’.
    Bon courage et bonne soirée.
    Isa

  2. 13 03 2009
    Joce (11:28:03) :

    Bonjour,
    Je travaille depuis l’age de 17 ans et pour bénéficier d’une prime d’ancienneté de 2 300 € qui arrivera en Octobre j’ai fais le choix (car 2 300 € ce n’est pas rien pour moi !!! par rapport à mon salaire) d’aller jusqu’à cette période et maintenant non seulement ma retraite complémentaire risque d’être amputée et en plus j’ai appris que si je partais en cour d’année soit le 31/10/2009 la sécurité sociale ne prendrait pas dans le calcul de ma retraite le montant des salaires de 2009. Je comptais là-dessus car vu ce que je gagnais il y a 25 ans. Vraiment je n’ai pas gagné à travailler tant de temps !
    Pour le moment j’attend avec impatience les négociations pour l’AGFF.
    Bonne journée à toutes et tous.

  3. 13 03 2009
    joelle (16:07:49) :

    trop facile d allonger l age de la retraite et ceux qui auront 180 trimestres et plus à 60 ans faudrait aussi en tenir compte . faut pas mettre tout le monde dans le meme panier.. trop d injustices entre ceux qui sont partis dans le cadre des carrières longues en rachetant des années imaginaires..

  4. 24 03 2009
    humeurisa (10:12:05) :

    Bonne retraite à tous ceux pouvant partir prochainement ! :lol:
    Et bon courage aux autres … :(
    A bientôt.

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